Category Archives: Pollinisateurs

Les insectes seraient-ils utiles ?

Le Monde nous fait une rapide synthèse des interactions des insectes avec l’ensemble du milieu naturel.

L’agriculture commence à pâtir de ces méfaits et épandages inconsidérés. Si on garde à l’esprit que seul 1% des quantités épandues touchent leur cible, on est obligé de constater que l’essentiel s’égare dans la nature et se diffuse. Les dommages collatéraux sont encore incompris. Cet article va dans le sens de la prise de conscience.

 

2008-06-08 - Bourdon sur Orchis militaris 4

Bourdon sur un Orchis Militaris

 

Le magazine ‘C dans l’air’ a consacré une émission au programme de protection des abeilles lancé par le Président Obama. Dans le billet précédent, j’ai vivement critiqué cette émission car, à mon sens, elle n’a pas traité le sujet qu’elle s’est donné. En revanche, on peut dire qu’elle a davantage traité des impacts de l’agriculture moderne sur l’environnement. Notamment, l’article cité plus haut est rapidement commenté.

La croisade de l’UNAF contre les OGM

Le Monde nous donne un premier écho du congrès d’Agen qui s’est ouvert par une table ronde sur les OGM.

A lire cet article, on ne peut que rester sceptique quant au problème posé.

La guerre entre pro et anti OGM n’est qu’une distraction qui masque la complexité des problèmes éthiques complexes auxquels la société doit s’attaquer.

Si le seul tort causé par les OGM était qu’ils "favorisent la monoculture à grande échelle et donc éliminent la biodiversité nécessaire aux abeilles" alors le sujet serait clos sur un non-lieu. La protection des apiculteurs contre les OGM supposant un tort causé, elle n’aurait donc pas lieu d’être. Or le problème est plus complexe.

Pourquoi la collectivité se priverait-elle d’une technologie ? La recherche par l’Union européenne d’une solution collectivement acceptable semble une démarche constructive. En accordant un blanc seing à l’apiculture, l’Union euopéenne reposerait alors le débat à l’échelle de la société à laquelle plusieurs questions se posent.

– Sommes-nous prêts à accepter que l’environnement soit contaminé par des gènes artificiellement introduits ? On a observé aux Etats Unis des plantes sauvages (moutarde) ayant acquis des gênes introduits chez leurs cousins le colza. Il y a bien contamination de l’écosystème. 

– Sommes-nous prêt à ce que des plantes non-OGM soient fécondées par des pollens OGM ? La diffusion de pollen par les abeilles ou par le vent va bien au-delà du périmètre d’un champs cultivé. Un plan de maïs non-OGM développe alors des grains dont la moitié du génome est modifiée. Le consommateur pas plus que le producteur n’a les moyens d’en être informé.

Le droit à produire et consommer sans OGM est impossible à garantir dès lors que ces cultures sont introduites. Si nous acceptons ces mises en culture alors les miels et autres produits de la ruche ne seront que le reflet de l’environnement que nous aurons choisi.

Que l’on décide d’utiliser la technologie OGM est éthiquement possible. Cela ne signifie pas que toutes les applications sont acceptables. Une étude au cas par cas s’impose.

Le premier cas, assez général, est celui de l’introduction des gènes de résistance aux herbicides. Il pose un problème éthique auquel nous sommes tentés de répondre par un refus.

Ensuite, on peut regarder le cas des gènes BT introduits notamment dans le MON810 de Monsanto. Ils induisent la production de substances insecticides dont les effets sur l’entomofaune et sur le consommateur méritent des études quantitative approfondies, et ce d’autant plus que les quantités produites sont très variables selon les conditions de développement de la plante. La récente étude du Pr Séralini (portant sur un gène de résistance) a eu le mérite de poser la question et de préciser l’étendue des moyens nécessaires à mettre en œuvre si l’on veut aboutir à des conclusions fiables.  

Le réchauffement et la relation entre plantes et pollinisateurs

Le Monde publie un article sur la réponse des plantes au réchauffement climatique. On pourrait croire que les écosystèmes vont muer progressivement grâce à la diversité ambiante et au brassage des espèces qui vont migrer selon les évolutions locales. Le problème risque d’être plus complexe et l’article évoque de possible problèmes de synchronisation entre certaines plantes et leurs pollinisateurs. 

Bonnes nouvelles d’Angleterre

Un article du Guardian (désolé pour ceux qui ne lisent pas l’anglais) relate le résultat d’une expérience de réinsertion en Angleterre, dans le Kent plus exactement, d’une variété de bourdon qui était disparue.

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Ces bourdons ont été implanté au XIXème siècle en Nouvelle Zélande pour polliniser les cultures locales, ils ont survécu la-bas mais ont disparu du Kent. L’expérience a consister à préparer les conditions d’une réintroduction en recréant des zones d’habitat et de nourriture (haies, buisson, flore), puis à transporter quelques spécimen.

La réintroduction de cette variété de bourdon est un succès à plusieurs égards. Tout d’abord l’espèce cible semble se maintenir sur son ancien territoire, le but recherché est atteint. Ensuite, on a pu constater que d’autres espèces de bourdons qui n’étaient plus présentes sont réapparues. Une preuve de plus de l’impact des pratiques culturales sur la biodiversité des insectes et des plantes qu’ils pollinisent.

Invitation à participer à SPIPOLL

Le programme SPIPOLL est initié par le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) et l’Office Pour les Insectes et leur Environnement (OPIE).

Programme participatif de collecte d’informations entomologiques, cette expérience participe au mouvement général qui permet aux volontaires de contribuer à une meilleure connaissance de notre environnement. Inutile d’être un expert en photographie, entomologie ou écologie, il vous est seulement demandé d’observer votre jardin ou votre environnement et de noter et photographier ce que vous voyez.

 

2010-07-24

Zygène sur un scabieuse

 

L’association Bee my Friend invite tous ses membres et sympathisants à participer à cette superbe expérience. Renseignez-vous sur www.spipoll.org et suivez le menu ‘PARTICIPER’. C’est facile et très utile pour la connaissance des insectes pollinisateurs et leur environnement. Leur protection en dépend.

Le site de SPIPOLL vous permet d’identifier en quelques clicks les fleurs et insectes que vous observez. Il suffit d’un peu de patience et d’attention et il est possible de découvrir des merveilles en s’amusant.

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Abeille sur tournesol

 

Ouvrez les yeux, observez et participez à SPIPOLL.

Scenario catastrophe – pollinisation manuelle en Chine

La très sérieuse revue National Geographic publie via Dailymotion un documentaire sur l’impact de la disparition des abeilles et insectes pollinisateurs dans certaines campagnes chinoises.

Cette vidéo nous fait toucher du doigt la débauche d’efforts et d’ingéniosité nécessaire au remplacement du service public offert par les abeilles. Ceci n’est fait que sur les cultures productives, ici des poires. On imagine le déficit de pollinisation sur toutes les autres espèces végétales environnantes et les conséquences sur la flore sauvage.

Le lecteur désireux d’en savoir davantage sur  les observations faites par les universitaires chinois pourra se rendre sur le site de la FAO (Food and Agricultural Organisation – Nations Unies) qui donne accès à un article complet sur le sujet.

Pour lire l’article, cliquez sur le titre – Hand pollination of pears and its implications for biodiversity

Il semble que l’utilisation de pesticides notamment insecticides pour la culture des poires ne soit pas sans lien avec l’absence d’abeille. Une fois de plus la gestion des équilibres écologiques ne peut pas s’accorder avec les méthodes trop radicales.

Si quelqu’un imagine une seconde que ce scénario de survie est la preuve qu’on peut se passer de l’abeille alors je l’invite à mesurer les véritables conséquences de son cynisme.

Gardons à l’esprit que la Chine n’est probablement pas le seul pays touché par ce désastre.

Pour ceux qui souhaitent contempler d’autres vidéos sur le monde des abeilles, le National Geographic (suivre ‘Bugs’ puis ‘Bees and Wasps’) offre quelques reportages superbes.

PS : les esprits attentifs auront remarqué sur Dailymotion les libertés prises par le cameraman qui filme une fleur jaune qui n’est manifestement pas une fleur de poirier. Habituellement, le National Geographic ne se permet pas ce type d’approximation.

Abeilles et OGM en Allemagne

Bien souvent les tribunaux offrent à des gens très sérieux, l’occasion de produire avec autorité et emphase des conclusions d’une stupidité ahurissante. D’une part, les parties, à vouloir gagner l’une contre l’autre, finissent bien souvent par y perdre toutes les deux, et d’autre part, à vouloir trancher en droit au moyen de lois incomplètes, le tribunal risque fort d’y perdre sa crédibilité.

Vous trouverez dans le numéro de septembre de ‘l’Abeille de France’, la revue du SNA, à la page 368, un article fort intéressant sur les déboires de Karl Heinz Bablock, apiculteur dont la production s’est trouvée accidentellement contenir du pollen d’OGM (le fameux maïs MON810), face au Tribunal Administratif d’Augsburg.

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Abeilles et biodiversité

2008-05-17 - Orchis courant 2On entend beaucoup parler de la biodiversité mais le concept reste relativement imprécis et les définitions se font rares. Alors comme Monsieur Jourdain faisons un peu de prose et voyons s’il en sort quelques lumières. Et puis la biodiversité, à quoi cela peut-il servir?

Lorsqu’on apprend la disparition d’une variété locale voire l’extinction complète d’une espèce, on ressent un certain malaise. On a l’intuition qu’une richesse (même modeste) de notre monde ne sera pas transmise à nos enfants. En tant que conservateurs du musée du vivant, nous avons fait défaut et une œuvre ne sera plus visible.

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