Frelon asiatique : collaboration BmyF – MNHN

Quentin Rome_2009-09-25_01643b Depuis son apparition en 2004 dans le Lot-et-Garonne, le frelon asiatique à pattes jaunes, Vespa velutina, a colonisé le sud-ouest de la France, occupant actuellement 32 départements (190 000 km²). De plus, à ce jour, des présences ponctuelles ont été observées dans trois départements éloignés du front d’invasion suivi par l’INPN (2010) : la Côte-d’Or, l’Ille-et-Vilaine et la Seine-Saint-Denis.

De même que pour beaucoup d’autres espèces invasives, l’espèce introduite n’a jamais posé de problèmes économiques importants dans son aire d’origine, où de nombreux facteurs écologiques (prédation, compétition, etc.) limitent ses niveaux de population. Ces facteurs se trouvant absents dans la zone d’introduction, la prolifération de l’espèce en est grandement facilitée. Sa multiplication est en outre largement favorisée par la présence en grand nombre et sur toute la surface du territoire européen d’une de ses proies favorites : les abeilles domestiques. Les dégâts du frelon sur les ruchers français, bien qu’extrêmement variables selon les secteurs et les colonies, ont conduit certains apiculteurs, de la région de Bordeaux notamment, à abandonner leur activité.

L’INRA travaille à la mise au point d’un piège spécifique. Le service Hyménoptères du Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) épaule l’INRA en réalisant un test à grande échelle de la sélectivité d’un appât prometteur à base de jus de cirier.

Bee My Friend apporte sa contribution financière ainsi que le support de son réseau pour mener à bien cette expérimentation. Le soutien aux programmes de recherche liés à l’abeille est au cœur de l’action de Bee my Friend ; après notre contribution la mise en œuvre du mécénat de Pullman en faveur d’Oniris et son programme “Abeille Sentinelle”, la lutte sélective contre Vespa velutina nous a semblé une priorité de l’année, aussi avons-nous décidé d’agir sans attendre et de concentrer nos efforts sur les travaux du Muséum.

Le frelon asiatique

Claire Villemant Nid Sergeac nov 2008 Le frelon se développe au cours de la belle saison en fondant des colonies qui se développent dans des nids de grande taille généralement perchés dans les arbres à 10 à 15 m de hauteur. L’hiver les nids sont vides et les futures fondatrices (femelles fécondées) hivernent dans la terre ou sous les écorces des arbres. Seules quelques unes fonderont des colonies au printemps suivant. Au printemps et en été, les ouvrières nourrissent les larves avec d’autres insectes et l’abeille domestique contribue alors largement à leur ration journalière. Plus tard dans la saison la colonie étant composée de nombreux adultes se nourrit davantage de fruits et de produits sucrés. Comme dans tout élevage ou culture, le développement d’une espèce particulière (ici les abeilles, plus loin le blé et un peu plus loin encore le bovin) est une aubaine pour ses parasites ou prédateurs.

Jusqu’à preuve du contraire, la seule véritable nuisance constatée à ce jour est la destruction de colonies d’abeilles par l’attaque d’ouvrières frelons. Les autres nuisances comme les piqûres ne sont pas fondamentalement différentes de celles causées par d’autres insectes de la même famille avec lesquels nous avons appris à vivre.

Il semble donc important de limiter les conséquences de cette invasion sur les ruchers en réduisant les effets des attaques et en freinant l’invasion par affaiblissement des colonies de frelons. L’invasion étant partie de seulement quelques fondatrices en 2004, il parait aujourd’hui impensable de la stopper. Il faudrait éliminer la population à 100%.

Le piégeage sélectif – un impératif écologique

Le piégeage est le procédé de lutte privilégié. Il est fondamental de procéder à un piégeage sélectif. En effet, les pièges classiques à insectes (pièges à bière ou à eau sucrée) ne sauraient être utilisés de manière systématique car ils attrapent de nombreux autres insectes parfaitement étrangers à notre propos qui n’ont rien demandé. Les dégâts sur la faune entomologique pourraient être plus graves que la nuisance combattue.

Jean Haxaire_il faut en choisir une Il paraît important de se rappeler que, si l’abeille est un enjeu écologique essentiel, ce n’est pas seulement en tant qu’espèce menacée car, étant élevée, elle est relativement moins exposée que d’autres insectes pollinisateurs. C’est surtout parce qu’elle est un indicateur permanent, ou sentinelle écologique, des facteurs qui pèsent sur l’ensemble des insectes qu’elle mérite une attention particulière. Si pour protéger l’abeille domestique du frelon asiatique, on affecte les populations d’autres insectes par manque de sélectivité, alors notre abeille domestique perd son caractère de sentinelle écologique, sa culture devient une menace pour d’autres espèces.

Si comme certains groupements le recommandent, on étend le piégeage non sélectif à l’ensemble du territoire, on tombe dans les travers des causes supérieures : tout est permis et les éventuels dommages collatéraux sont ignorés ou négligés. Lorsqu’on atteint de telles extrémités alors, sur le plan éthique, notre abeille ne vaut pas mieux qu’un champ d’OGM round-up ready.

A ce stade, dans la mesure où aucun piège véritablement sélectif n’est disponible, il est vivement recommandé de limiter le piégeage aux zones de prédation réelle, à savoir, les ruchers des zones infestées.

Les travaux du Muséum

Le service Hyménoptères du Muséum suit le développement de Vespa velutina depuis son apparition en France et étudie sa biologie. Le Muséum travaille, en collaboration avec l’INRA, à la mise au point d’un piège spécifique, susceptible de n’attraper que le Vespa velutina. Dans le cadre de ce projet, le Muséum travaille essentiellement sur l’identification d’un appât. Une première phase a consisté à déterminer un appât sélectif en zone fortement infestée. Les résultats obtenus avec un appât à base de jus de cirier sont encourageants : forte attraction sur Vespa velutina et peu d’insectes non cible capturés. Maintenant, il convient de tester cet appât in situ dans une plus grande variété de zones moins infestées et
de mesurer sa sélectivité.

Il faut en outre voir s’il a la même attraction sur les reines de frelon au printemps que sur les ouvrières. En attendant que l’INRA (projet France AgriMer) définisse les molécules attractives permettant de produire des pièges commerciaux spécifiques, il apparaît intéressant de pouvoir proposer aux apiculteurs une solution alternative de protection de leurs ruchers qui soit respectueuse de l’environnement. Ce piège, s’il s’avère efficace et réellement spécifique dans différentes conditions de densité du frelon, pourra aussi être un dispositif intéressant pour la surveillance dans les zones où l’espèce n’a pas encore été signalée.

Vespa velutina MNHN Jean Haxaire

Le service Hyménoptères du Muséum National d’Histoire Naturelle et Bee my Friend sont très heureux de collaborer sur ce programme et ne manqueront pas de communiquer au fur et à mesure de l’avancement de ces travaux.

Journée scientifique apicole 2010

J’ai eu la chance de participer à la journée scientifique apicole organisée conjointement par Oniris (Ecole vétérinaire de Nantes – Monique L’Hostis) et la FNOSAD (Jean-Marie Barbancon). La variété et la qualité des travaux présentés sont encourageantes tant pour les organisateurs que pour la profession apicole qui peut espérer que des progrès soient faits dans la connaissance des abeilles et de leurs pathologies.

N’étant ni chercheur, ni vétérinaire, je me permets, à des fins d’information, de commenter les publications sous un œil d’observateur externe. J’invite toute personne qui souhaiterait en savoir davantage à se tourner vers les organisateurs ou vers www.apivet.eu qui seront d’un bien meilleur secours scientifique.

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2010 – Pullman is Bee Friendly (Acte II)

Bee my Friend se fait une joie d’annoncer le renouvellement, pour la Journée de la Terre 2010, de l’opération “Pullman is Bee Friendly”. Après une première opération en 2009, Pullman transforme l’essai : “Pullman is Bee Friendly” devient un engagement de long terme à la genèse duquel nous sommes heureux d’avoir participé.

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Dans la pratique :

Pullman soutient la recherche apicole par une action de mécénat en faveur d’Oniris (ex Ecole Nationale Vétérinaire de Nantes) et de son programme “Abeille Sentinelle” dirigé par Monique L’Hostis. Cette opération porte sur un montant de 100 000 euros.

L’offre de restauration s’enrichit de nombreux plats aux miels. L’accent porté sur le miel au petit déjeuner ainsi que lors des deux autres repas principaux permet de rappeler l’engagement de la politique de développement durable. Pullman s’engage à verser au bénéfice de la recherche apicole 1 euro par plat au miel servi. Ainsi l’action s’inscrit dans la durée.

Les hôtels Pullman offrent dans le cadre des séminaires et réunions une pause autour du thème du miel. Cette “Pause miel” est un exemple d’utilisation raffinée du miel.

Pullman poursuit son action de parrainage de ruches qui sont hébergées dans un rucher Bee my Friend.

 

Chacun des 10 hôtels de la chaine participe à cette opération et lui ajoute une touche personnelle. Ainsi tout au long de son séjour, le client découvrira les multiples facettes du monde de l’abeille et son omniprésence discrète. Film projeté sur écrans vidéo dans les halls, plaquette explicative sur buffet, peluche pour enfants, marque page, bonbons au miels… sont autant de points de détails qui rappellent la force de l’engagement pour notre cause.

Bee my Friend a accompagné les équipes Pullman tout au long de la genèse de ce projet. Nous avons été impressionnés par le sérieux de l’engagement des dirigeants et des équipes opérationnelles qui ont choisi d’agir concrètement et sur tous les fronts afin de  : faire progresser la connaissance sur l’abeille, faire connaître le monde du miel, donner aux clients l’opportunité de soutenir cette action, et enfin, agir sur le terrain de la pollinisation par le parrainage.

Initiée par l’hôtel Pullman Paris Bercy, l’idée a fait son chemin grâce à un accueil favorable et proactif des équipes opérationnelles qui ont su intégrer cette action de développement durable dans leur quotidien. Les équipes support  (développement durable, communication, marketing… et finances) ont chacune apporté leur pierre à l’édifice pour faire de cette expérience un succès collectif.

Enfin, Bee my Friend tient à remercier tous ceux qui soutiennent son action en faveur des abeilles, que leur soutien soit seulement moral, financier ou actif par l’engagement bénévole. Grâce à eux, il nous est possible d’assurer aux mécènes avec lesquels nous travaillons que pour un euro de don en faveur de la recherche apicole, cent cents sont effectivement versés à l’organisme de recherche. Cette forme de transparence fait partie de notre éthique, nous y tenons.

A bien des égards cette action nous semble un exemple à reproduire avec d’autres partenaires, c’est là la vocation de Bee my Friend.

Bravo et merci.

Hivernage du rucher parrainé

Le passage à l’acide oxalique est l’occasion d’un cliché à la volée en milieu d’hivernage.
Je préfère intervenir alors que les colonies sont dégrappées, ca m’oblige à intervenir un peu plus tôt, avant les grand froids
Lors de ma première visite début décembre, les colonies les plus puissantes élevaient encore 1 ou 2 disques de couvain, gros comme la paume de la main. Fin décembre les ruches notées ne présentaient plus que quelques oeufs avortés
A l’occasion de ce survol, sur l’ensemble du cheptel, les grappes occupent 4 ou 5 cadres, les réserves miel et pollen sont suffisantes pour attendre la reprise de ponte sans que je me fasse trop de soucis.

Il n’y a plus qu’à attendre le retour du printemps.

Des nouvelles des ruches parrainées

Les ruches parrainées en 2009 ont été regroupées dans un rucher de 40 colonies et hébergées par Jean-Jacques Garnier apiculteur à Vézelay.

Le 9 avril j’ai eu l’occasion de visiter notre rucher et ai pu constater une sortie d’hivernage encourageante : bonne activité, couvain bien développé (déjà 4 à 6 cadres de couvains), miellée d’érable.

Premières observations au 22 avril

Le rucher est implanté à Asnan, toutes les reines sont marquées et clippées (essaims 2008), on a déjà 7 à 8 cadres de couvain. Une non valeur reste sur 5 cadres de couvain, visiblement la mère ne tient pas la ponte alors que les réserves de pollen semblent satisfaisantes : la ruche sera remèrée dès que les reines 2009 seront disponibles.

observations :

– le début de miellée de Colza pousse très fort, on pose des trappes pour diminuer les entrées de pollen, l’objectif étant de freiner un peu la ponte en limitant les sécrétions de gelée.

– Mâles imago rares, pas de ponte massive de mâles. Très surprenant au vu du développement des colonies. Pas encore de cellules ouvertes, cette absence de velléité d’essaimage est inhabituelle pour des ruches à ce stade de développement sur une floraison de Colza. Y-a-t’il une corrélation entre ces 2 observations ?

– Forte craintes pour le mois de mai, il va falloir se battre pour garder les colonies sous contrôle et empêcher l’essaimage naturel.

Bilan de fin de saison

Globalement les conditions climatiques en 2009 ont été particulièrement favorable au développement de nos colonies. Un hiver 2008-2009 froid et long, l’arrêt de la ponte a été bien marqué suffisamment long pour assurer l’efficacité du passage à l’acide oxalique et en conséquence pas de soucis avec varroa cette année.

– Démarrage des colonies début avril, tardif mais puissant.

– Météo favorable et peu de problèmes avec les agriculteurs sur les colzas : les passages des insecticides se sont limités aux interventions préventives sur les parcelles en début de floraison.
Après un contrôle d’essaimage rigoureux, la sortie des cultures s’est faite avec des colonies puissantes, bien équilibrées, aux réserves de pollen conséquentes et une récolte de colza plus que satisfaisante.

– La miellée d’acacia qui a suivi, toujours avec une météo propice, a confirmé la bonne tenue des colonies : volume et qualité.

– Les miellées de toutes fleurs et le forêt ont par le fait été entreprises par des grappes de butineuses « usées » par l’enchaînement des 2 miellées puissantes. Les floraisons sauvages bien ensoleillées tout en restant suffisamment arrosées ont durées jusque la mi-juillet ce qui nous a permis des récoltes honorables.

– Les faibles surfaces de tournesol et le risque de s’exposer aux problèmes régulièrement rencontrés sur les maïs furent deux incitations à conserver les ruches dans le Morvan, à l’écart des zones cultivées.

– Mise en hivernage sans problème particulier sur des grappes d’abeilles un peu trop fortes, l’état sanitaire est satisfaisant.

– Le rucher BeeMyFriend hiverne à Nuars.

– Conclusion : une campagne qui redonne le moral aux apiculteurs bourguignon bien éprouvés par la campagne 2007 et que l’année 2008 avait à peine rassurés. Au delà des bon résultats 2009, les problèmes de fond demeurent ; se pose la question du choix des variétés d’abeilles les mieux adaptées à une apiculture qui doit désormais se tenir à l’écart des zones de culture en fin de saison.

Un grand merci à Jean-Jacques qui a conduit ce rucher avec beaucoup de doigté et une belle réussite. Les espaces naturels des zones de ‘polyculture élevage’ en début de saison puis des prairies et forêts du Morvan ont bénéficié de la pollinisation par nos abeilles parrainées.

Ce rucher a encore une seconde campagne à vivre dans le cadre de notre parrainage, souhaitons qu’elle soit aussi réussie que notre première réalisation ‘grandeur nature’.

Frelon asitique : c’est le moment de répérer les nids

Le frelon asiatique (Vespa Velutina) n’est apparemment pas une véritable nuisance pour l’homme en revanche il est une menace de plus pour nos abeilles. Le Museum National D’histoire Naturel (MNHN) en suit l’extension sur le territoire français à partir de ses premières identifications en 2004 / 2005.

Vous trouverez une fiche descriptives et de nombreux liens sur le site de l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN). Ce site vous invite à signaler toute observation de ces insectes sur le territoire français, territoire dont la plus grande partie est maintenant potentiellement envahie. Vous pouvez à cet effet remplir une fiche de signalement que vous pouvez télécharger sur le site de l’INPN. (Si vous rencontrez des difficultés à visualiser les graphiques et cartes de l’INPN, il se peut qu’utiliser Mozilla Firefox comme navigateur Internet résolve le problème – Mozilla Firefox est téléchargeable gratuitement).

Au cours de l’hiver, avec la chute des feuilles les nids sont facilement visibles. Ils sont d’autant plus faciles à observer qu’ils sont alors vides, seules les femelles solitaires hibernent. Elles fonderont chacune une nouvelle colonie et un nid l’année prochaine. La cartographie des nids est déjà une information précieuse, merci aux volontaires qui y participent.

Scenario catastrophe – pollinisation manuelle en Chine

La très sérieuse revue National Geographic publie via Dailymotion un documentaire sur l’impact de la disparition des abeilles et insectes pollinisateurs dans certaines campagnes chinoises.

Cette vidéo nous fait toucher du doigt la débauche d’efforts et d’ingéniosité nécessaire au remplacement du service public offert par les abeilles. Ceci n’est fait que sur les cultures productives, ici des poires. On imagine le déficit de pollinisation sur toutes les autres espèces végétales environnantes et les conséquences sur la flore sauvage.

Le lecteur désireux d’en savoir davantage sur  les observations faites par les universitaires chinois pourra se rendre sur le site de la FAO (Food and Agricultural Organisation – Nations Unies) qui donne accès à un article complet sur le sujet.

Pour lire l’article, cliquez sur le titre – Hand pollination of pears and its implications for biodiversity

Il semble que l’utilisation de pesticides notamment insecticides pour la culture des poires ne soit pas sans lien avec l’absence d’abeille. Une fois de plus la gestion des équilibres écologiques ne peut pas s’accorder avec les méthodes trop radicales.

Si quelqu’un imagine une seconde que ce scénario de survie est la preuve qu’on peut se passer de l’abeille alors je l’invite à mesurer les véritables conséquences de son cynisme.

Gardons à l’esprit que la Chine n’est probablement pas le seul pays touché par ce désastre.

Pour ceux qui souhaitent contempler d’autres vidéos sur le monde des abeilles, le National Geographic (suivre ‘Bugs’ puis ‘Bees and Wasps’) offre quelques reportages superbes.

PS : les esprits attentifs auront remarqué sur Dailymotion les libertés prises par le cameraman qui filme une fleur jaune qui n’est manifestement pas une fleur de poirier. Habituellement, le National Geographic ne se permet pas ce type d’approximation.

Un hotel – une ruche : Pullman is Bee Friendly

Nous sommes heureux d’annoncer qu’à l’occasion de la Journée de la Terre, le 22 avril, les hôtels Pullman de France deviennent ‘Bee Friendly’.

En effet, les hôtels français de cette prestigieuse chaîne ont chacun parrainé une ruche et se sont engagés dans un travail de fond afin que ce geste symbolique se traduise en actions dans la vie des hôtels. Fruit d’une étroite collaboration entre les équipes 1102de Pullman France et de Bee my Friend, cette opération se déroule selon les grandes lignes des actions que nous recommandons.

Manger du Miel : la première façon de découvrir,  d’honorer et d’aider les abeilles est bien de manger du miel. Dès leur arrivée à l’hôtel, les clients Pullman se voient proposer des bonbons au miel accompagnés de quelques explications sur  l’opération « Pullman is Bee Friendly ». Plus tard, selon leur imagination et créativité, les bars et restaurants proposent des cocktails, des plats et des desserts au miel. Enfin, le matin, le petit déjeuner est agrémenté d’une dégustation de trois miels : un miel d’acacia, clair au goût très fin, un miel de printemps, frais et acidulé, un miel toutes fleurs des prairies du Morvan, voluptueux tant dans sa consistance que sa saveur.

Parrainer une ruche : tout commence0792 par cet acte symbolique fort ; chaque hôtel parraine une ruche qui participe à la pollinisation des espèces végétales des forêts, talus, vergers et   prairies du nord du Morvan. Préserver les abeilles est essentiel pour le maintient de la biodiversité dans notre environnement, Pullman y contribue. La visite des ruches parrainées a été une occasion passionnante d’aller à la rencontre des abeilles et de découvrir la réalité de l’élevage apicole. Les parrains ont pu participer à la visite de printemps : durant les premières chaleurs de l’année, l’apiculteur inspecte chaque ruche, cadre par cadre afin de constater l’état de la colonie à la sortie de l’hiver et d’identifier le potentiel de production.

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0822 Soutenir la recherche apicole : c’est la prochaine étape. Les sommes collectées dans le cadre de cette opération seront essentiellement consacrées à soutenir les programmes de recherche des laboratoires avec lesquels nous établissons un  partenariat (INRA, MNHN, Ecole Vétérinaire de Nantes etc.). Notre objectif à court terme est de parrainer une thèse sur l’abeille et les transformations récentes de son biotope.

« Pullman is Bee Friendly », une opération intégrée, complète, délicieuse et savoureuse, bref élégante.

Puisse cette opération amener tous ses participants à prendre conscience que la fragilisation des abeilles est un grave problème de société, que le miel est un trésor à portée de main dont la consommation est déjà un premier geste en faveur de la cause environnementale, et enfin, qu’ avec Bee my Friend, il est facile de contribuer à une action de fonds pour la cause des abeilles et insectes pollinisateurs.

Ensuite, à chacun d’aller rencontrer les apiculteurs producteurs sur les marchés ou dans leurs mielleries pour ainsi découvrir les crus locaux et les préoccupations des apiculteurs de terrain. Enfin pour préserver ces trésors, à chacun d’intégrer l’abeille et les insectes pollinisateurs dans l’ensemble de ses préoccupations environnementales.

Nous comptons sur tous nos partenaires pour nous soutenir dans cette belle aventure humaine qu’est Bee my Friend, nous vous invitons à adhérer à Bee my Friend, à devenir ‘Bee Friendly’.

Enfin, nous tenons à remercier les hôtels Pullman pour la confiance qu’ils nous témoignent. Merci à Barbara de Manincor (Pulman Paris Bercy) pour ses talents de création et d’organisation. Un grand merci à tous les membres du personnel des hôtels qui participent à cette opération, s’ils réussissent à faire partager leur enthousiasme à leurs hôtes et clients, alors les abeilles auront fait un grand pas.

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Les OGM sont de retour

La Commission Européenne doit renouveler l’autorisation du MON810 après dix ans de ‘bons et loyaux services’.

Il semblerait qu’en l’absence d’éléments nouveaux, le renouvellement de cette autorisation passe comme une lettre à la Poste et, de fait, donne à la Commission la capacité d’imposer sa conclusion à la France.

L’innocuité pour les abeilles reste à ce jour le résultat d’une démonstration incantatoire de la part des promoteurs de ce maïs.

Et pour tout dire, il me semble qu’il existe un élément nouveau de taille qui concerne les abeilles. Si la forte toxicité des gouttes transpirées par les plants de maïs dont les graines ont été enrobées semble maintenant établie, alors il est fort possible que les gouttes produites par ces plans OGM soient également toxiques. Le fait fondamentalement nouveau provient de l’intoxication par l’eau alors qu’on s’est toujours concentré sur la potentielle toxicité des pollens et nectars. A ma connaissance, rien n’a été fait pour apporter une réponse claire à cette question que toute personne responsable devrait se poser.

Curieusement, vous lirez dans la dernière publicité de Monsanto parue dans The Economist que cette firme souhaite tirer le maximum de la moindre goutte d’eau. Paradoxe quand celle-ci devient un poison pour nos abeilles. Provocation ou coïncidence ?

Enfin, il existe un second point déjà évoqué dans ces colonnes et auquel aucune réponse n’a été apportée. L’apiculteur ne saurait en aucun cas être tenu responsable de la dissémination de pollen OGM par ses abeilles. La confusion juridique générale qui règne exige que soit reconnue la pré-existence de l’apiculture et que, OGM ou non, nos abeilles gardent le droit de polliniser qui leur plaira.

Le droit de cultiver sans OGM est un leurre qui pourrait être utilisé contre les apiculteurs puisque votre grain de maïs peut être issu pour moitié du plant sur lequel il pousse et pour moitié du pollen qui l’aura fécondé. Ce droit n’existe donc plus dès lors qu’un voisin cultive un OGM et qu’un apiculteur brasse les pollens des uns et des autres par l’intermédiaire de ses abeilles. Si ‘pollution génique il y a, qui en est responsable, le cultivateur d’OGM qui ne demande pas à disséminer son pollen chez autrui ou l’apiculteur donc les abeilles sont le vecteur de cette pollution.

Ces deux points, l’un technique et l’autre juridique, ne demandent pas de gros efforts pour être résolus. Il paraît essentiel de les traiter afin que le débat gagne en rationalité voire raison.

La goutte d’eau

Merci à Michel, un de nos fidèles lecteurs, qui attirent notre attention sur un article publié par Univers-Nature et qui lui même fait référence à des travaux de recherches menés par des italiens. Malheureusement les liens et références n’étant pas indiqués, nous sommes au bout d’une longue chaîne de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours.

En l’occurrence, l’ours serait à nouveau ces fameux néonicotinoïdes utilisés dans l’enrobage des semences. Il semblerait qu’une goutte d’eau produite par guttation ou transpiration, par un plan de maïs issue d’une graine enrobée, contienne 10 000 fois la dose létale pour l’abeille. Or l’abeille a couramment recours à cette source d’eau que les plantes produisent. Il semble même que l’abeille meurt rapidement alors que la toxicité jusqu’alors mentionnée était essentiellement une attaque des centres nerveux qui amenait l’abeille à se perdre et ainsi ne pas rejoindre la ruche dont la colonie finit par s’effondrer.

Les ordres de grandeurs sont choquants, tellement grands qu’il est difficile d’imaginer que les chercheurs qui ont mis au point de tels produits aient ignoré ce type de risque.

Si cette exposition aux produits phytosanitaires était l’explication d’un des facteurs clés de la disparition des abeilles, alors non seulement  les produits seraient mis en cause mais surtout les processus de test et d’homologation. Rappelons que ce n’est pas aux victimes de dénoncer les agresseurs mais aux agresseurs d’assumer leurs responsabilités civiles. Et que leur ignorance réelle ou simulée ne saurait les disculper des torts causés.